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Non-verbal

Formation communication non verbale à Annecy et Genève

Par Emmanuel Descroix ·

Votre acheteur allemand n’a pas souri une seule fois pendant la réunion. Vous êtes reparti persuadé que l’affaire était perdue. Il a signé la semaine suivante.

Si vous cherchez une formation communication non verbale à Annecy, à Chambéry ou dans le Genevois, il y a de bonnes chances que votre difficulté ressemble à celle-ci. Entre la Haute-Savoie, la Savoie et Genève, beaucoup de réunions se tiennent entre personnes qui n’ont pas grandi avec les mêmes codes. Le sourire, le silence, la distance, la poignée de main : rien de tout cela ne se lit de la même façon d’une culture à l’autre.

Voici ce que la recherche sait de la lecture du non-verbal entre cultures, ce qu’une formation sérieuse doit en tirer, et comment l’organiser dans le bassin alpin et lémanique.

Un territoire où l’on travaille rarement entre soi

Quelques chiffres pour situer le contexte :

  • Fin septembre 2025, le canton de Genève comptait 113 800 frontaliers actifs, soit 28 % des frontaliers de toute la Suisse, d’après l’Office cantonal de la statistique (OCSTAT).
  • La zone d’emploi d’Annecy compte près de 142 000 emplois en 2023, dont 14,4 % dans l’industrie et 20 % de cadres et professions intellectuelles supérieures (INSEE, dossier complet).
  • Dans la vallée de l’Arve, 36 % des 38 000 emplois relèvent de l’industrie, avec le décolletage et l’usinage de précision au premier rang. L’INSEE y voit une zone industrielle atypique, de plus en plus ouverte sur l’extérieur (étude publiée en janvier 2022).

Concrètement, cela donne des sous-traitants qui négocient avec des donneurs d’ordres allemands, suisses ou italiens, et des équipes mixtes de part et d’autre de la frontière. À Genève s’ajoutent la banque privée, le négoce et les organisations internationales, où une même réunion peut rassembler cinq nationalités. Côté Chambéry, à Savoie Technolac, beaucoup d’entreprises de l’énergie solaire et du numérique ont elles aussi des partenaires à l’étranger.

Vos collaborateurs connaissent leur dossier. Ce qui leur manque, en général, c’est de savoir où en est un interlocuteur qui ne réagit pas comme eux.

Ce que dit la science : un fond commun, des accents culturels

En 2002, Hillary Anger Elfenbein et Nalini Ambady ont publié dans Psychological Bulletin une méta-analyse consacrée à la reconnaissance des émotions entre cultures. Deux résultats vous concernent directement.

D’abord, d’une culture à l’autre, les émotions sont reconnues au-delà du hasard : il existe un socle commun.

Ensuite, cette reconnaissance est plus précise quand l’observateur et la personne observée appartiennent au même groupe culturel. Les auteurs parlent d’avantage intragroupe : nous lisons mieux « les nôtres ». Et cet avantage diminue quand les groupes se côtoient davantage (vivre dans le même pays, être géographiquement proches, se téléphoner souvent).

Lire un interlocuteur d’une autre culture est donc plus difficile, mais la difficulté recule à mesure qu’on se fréquente. Cela s’apprend.

La lecture GGC : un processus universel, une expression culturelle

La GGC (Grammaire Gestuelle et Comportementale) part du même constat. Le processus qui produit un comportement est universel : il obéit à la physiologie, à l’anatomie et à la neurologie, qui sont les mêmes pour tout le monde. Sa manifestation, elle, est culturelle, parfois même personnelle.

Deux exemples de la méthode :

  • Les gestes symboliques (le « OK », le « V », compter sur ses doigts) n’ont de sens qu’à l’intérieur d’une culture donnée. Les lire comme universels mène droit au contresens.
  • La représentation du temps dans l’espace dépend du sens d’écriture. Pour quelqu’un qui lit de gauche à droite, le passé se place plutôt à gauche. Pour quelqu’un qui lit de droite à gauche, c’est l’inverse. La GGC demande de l’établir avant d’interpréter.

À l’inverse, ce que la méthode lit de façon robuste relève du fond commun : le mouvement d’approche ou d’évitement. Le buste qui se rapproche de la table ou qui recule vers le dossier, la main qui va vers le document ou qui le repousse. Votre acheteur allemand peut ne pas sourire du tout et, pendant ce temps, s’avancer vers le contrat.

Entre cultures, la ligne de base devient votre premier repère. On ne compare pas votre interlocuteur à une norme générale, encore moins à la vôtre. On le compare à lui-même : sa manière d’être habituelle en début de réunion, puis ce qui change quand vous abordez le prix ou le délai. Un visage impassible qui reste impassible ne vous apprend rien. Un visage impassible qui se crispe au moment du tarif, si.

Trois pièges fréquents dans les équipes transfrontalières

Juger l’autre à l’aune de ses propres codes. Une réserve polie peut passer pour de la froideur, un tutoiement rapide pour de la familiarité. Avant d’interpréter, demandez-vous ce qui est habituel pour cette personne dans ce contexte.

Se fier aux catalogues de signes. « Bras croisés égale fermeture » est déjà faux entre deux collègues annéciens (voir les bases de la communication non verbale). Entre deux cultures, l’erreur s’aggrave. Les indices du mensonge, par exemple, sont faibles et dispersés : un observateur non entraîné juge correctement dans environ 54 % des cas (Bond et DePaulo, Personality and Social Psychology Review, 2006).

Confondre un signal isolé et une tendance. Un silence prolongé peut être une marque de réflexion ou de désaccord selon la culture et la personne. Seule une grappe de signaux concordants, lue en contexte, permet de pencher d’un côté.

Est-ce que ça s’apprend vraiment ?

Oui, et c’est mesuré. Une méta-analyse de Blanch-Hartigan, Andrzejewski et Hill (Basic and Applied Social Psychology, 2012) montre que l’entraînement améliore significativement la précision de perception d’autrui chez des adultes, avec un effet moyen modeste mais réel. Le format compte davantage que la durée : la pratique avec retour immédiat donne de meilleurs résultats que l’exposé théorique seul.

Pour une équipe qui travaille avec l’étranger, cela veut dire s’exercer sur ses propres situations : la négociation annuelle avec le donneur d’ordres, la réunion d’équipe mixte, l’entretien client en banque. Ce sont ces scènes, filmées et analysées, qui permettent de progresser.

Comment se former à Annecy, Chambéry ou dans le Genevois

Emmanuel Descroix est basé à Grenoble. Chambéry est à moins d’une heure, Annecy à environ une heure et demie : les interventions en Savoie et en Haute-Savoie se font sans logistique lourde. Pour les équipes installées à Genève, le format se construit au cas par cas, par exemple dans des locaux côté français du Genevois.

Trois modalités possibles :

  • L’intra-entreprise dans vos locaux, à Annecy, sur vos sites de la vallée de l’Arve ou à Savoie Technolac. Les mises en situation reprennent alors vos propres réunions et vos interlocuteurs réels.
  • La salle louée sur place, quand plusieurs sites ou plusieurs pays sont réunis.
  • L’atelier d’une journée, pour tester la méthode avant d’engager un parcours plus long.

Pour commencer, l’atelier le plus adapté est Décoder le non-verbal, pour les équipes commerciales, les acheteurs et les managers d’équipes mixtes. Si vos besoins sont proches de ceux des grands comptes lyonnais, l’article sur la formation communication non verbale à Lyon détaille les critères pour choisir un prestataire.

Les points à retenir

  • Autour du Léman, beaucoup de réunions se tiennent entre personnes qui ne partagent pas les mêmes codes : 113 800 frontaliers actifs à Genève fin septembre 2025.
  • Les émotions se reconnaissent d’une culture à l’autre, mais mieux au sein de sa propre culture ; cet écart se réduit avec l’exposition (Elfenbein et Ambady, 2002).
  • Pour la GGC, le processus est universel et sa manifestation culturelle : les gestes symboliques ne se traduisent pas, le mouvement d’approche ou d’évitement se lit partout.
  • Comparez chaque interlocuteur à lui-même (sa ligne de base), jamais à vos propres habitudes.
  • Méfiez-vous des catalogues de signes : sans entraînement, on détecte le mensonge dans environ 54 % des cas (Bond et DePaulo, 2006).
  • La lecture d’autrui s’entraîne (Blanch-Hartigan et coll., 2012), et c’est la pratique avec retour immédiat qui produit l’effet.

Lire un interlocuteur qui n’a pas vos codes, ça s’apprend. Le plus efficace est de s’y exercer sur vos propres réunions.

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À propos de l’auteur

Emmanuel Descroix est conférencier et docteur en sciences cognitives (ancien enseignant-chercheur associé au CNRS). Il est le fondateur de la méthode GGC© (Grammaire Gestuelle et Comportementale). Voir ses travaux de recherche.