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Non-verbal

Communication non verbale : les bases pour décoder l’autre

Par Emmanuel Descroix ·

Nous croyons communiquer avec des mots. En réalité, une grande partie de ce qui se joue dans un échange passe ailleurs : dans une posture, un regard qui se détourne, des mains qui s’ouvrent ou se ferment. C’est ce qu’on appelle la communication non verbale. Bonne nouvelle : ça se comprend, et ça s’observe.

Qu’est-ce que la communication non verbale ?

C’est d’abord tout ce qui est visible : vos gestes, votre posture, vos mimiques, vos expressions du visage… tout ce qui relève de la motricité, c’est-à-dire de vos muscles. Mais c’est aussi tout ce qui s’entend : ce qu’on appelle la prosodie en sciences du langage, le rythme des mots, le ton, les silences, la fréquence, etc. Ces signaux accompagnent (ou contredisent) vos mots, et votre interlocuteur les capte le plus souvent sans en avoir conscience, comme vous captez les siens.

Le non-verbal n’est pas un langage secret réservé à quelques initiés. C’est un fonctionnement universel, étudié par l’éthologie et les neurosciences, que l’on peut apprendre à lire avec méthode.

Pourquoi le non-verbal pèse autant

Notre cerveau traite les signaux du corps très vite, souvent avant même les mots. Avant de comprendre ce que dit quelqu’un, vous avez déjà ressenti comment il le dit : ouvert ou sur la défensive, à l’aise ou tendu, etc. Ces impressions orientent la relation, la confiance, la décision, bien plus qu’on ne l’imagine.

C’est pour cela qu’un même message « passe » ou « ne passe pas » selon la façon dont il est incarné. Et c’est aussi pour cela qu’on ne triche pas facilement : le corps a souvent une longueur d’avance sur le discours. En sciences du langage, on appelle cela la pragmatique : tout ce qui donne son sens réel à un échange, bien plus large que les seuls mots et la syntaxe.

Ce qu’il faut vraiment observer

Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas qu’une affaire de visage ou de mains : c’est potentiellement tout le corps qu’il faut regarder, et toujours en contexte. C’est ce qui rend la lecture du non-verbal aussi riche… que délicate. Sans méthode, on se noie dans les détails ou on interprète au hasard.

Pour lire le non-verbal en direct, dans le feu d’un échange, il faut donc une méthode simple, efficace et éprouvée. Sans elle, l’exercice n’a pas grand intérêt.

Trois pièges à éviter quand on « lit » quelqu’un

Décoder n’est pas deviner. Quelques précautions s’imposent :

  1. Un geste isolé ne veut rien dire. Ce sont les regroupements de signaux, et leurs changements, qui ont du sens.
  2. Le contexte change tout. Bras croisés ? Peut-être de la fermeture… ou simplement du froid. Toujours replacer le signal dans la situation.
  3. Méfiez-vous des « recettes ». « Se toucher le nez = mensonge » est un mythe. La détection demande de la méthode et beaucoup de prudence.

Bonne nouvelle : ça s’apprend

Lire le non-verbal n’a rien d’un don. C’est une grammaire qui s’apprend, se comprend et se pratique. En quelques heures, on peut déjà repérer l’ouverture, la tension ou la fermeture d’un interlocuteur, et ajuster sa communication en temps réel, en rendez-vous comme en entretien.

C’est exactement l’objet de mes formations et de mes ateliers, fondés sur les neurosciences et la Grammaire Gestuelle et Comportementale (GGC©).

Envie de passer de la théorie à la pratique ?

À propos de l’auteur

Emmanuel Descroix est conférencier et docteur en sciences cognitives (ancien enseignant-chercheur associé au CNRS). Il est le fondateur de la méthode GGC© (Grammaire Gestuelle et Comportementale). Voir ses travaux de recherche.