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Non-verbal

Décoder le non-verbal d’un client en rendez-vous

Par Emmanuel Descroix ·

En rendez-vous, on se concentre souvent sur ce que l’on va dire. Pourtant, l’information la plus précieuse vient d’en face : le non-verbal de votre interlocuteur. Bien lu, il vous dit quand insister, quand rassurer, et quand conclure.

Ce que le non-verbal révèle en vente

Votre client ne dit pas toujours ce qu’il pense, mais son corps, lui, accompagne ses émotions en temps réel : intérêt, hésitation, accord, agacement. Apprendre à le lire, c’est ajuster votre discours à la seconde, au lieu de dérouler un argumentaire sur un interlocuteur déjà fermé.

Les signaux d’ouverture

Quand la relation est bonne, le corps le montre : buste orienté vers vous, posture détendue, hochements de tête qui ponctuent vos phrases, regard disponible, mains visibles. Ce sont des feux verts : vous pouvez avancer.

Les signaux de doute ou de fermeture

À l’inverse, certains signes invitent à ralentir et à rassurer : le buste qui recule, le regard qui décroche, la tête qui se détourne légèrement, le menton qui rentre vers la gorge, un petit mouvement de recul de la tête. Là, inutile de pousser : il faut d’abord rouvrir la relation.

Lire la préférence de votre client (A ou B)

Vous hésitez sur la proposition à mettre en avant ? Son corps répond souvent avant lui. À la position et au déplacement de ses mains lorsque vous évoquez l’option A puis l’option B, il devient facile de savoir vers laquelle il penche : une main qui s’avance, s’ouvre ou se pose du côté de l’une plutôt que de l’autre en dit long. Vous orientez alors votre proposition vers ce qu’il préfère, au lieu de deviner.

Repérer le bon moment pour conclure

Un client prêt à dire oui se trahit souvent : il se projette (« et si on commençait par… »), il manipule un document, son rythme s’accélère. Savoir lire ces micro-signaux d’engagement, c’est proposer la conclusion au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard.

Les pièges à éviter

  • Un geste seul ne prouve rien. Cherchez les regroupements de signaux et surtout leurs changements.
  • Le contexte compte, toujours. Des bras croisés peuvent signaler la fermeture… mais aussi le froid, ou simplement une position de confort. Ce qui compte, c’est le moment précis où le geste apparaît : sur quel mot, à quelle seconde, en réaction à quoi.
  • Oubliez les « recettes ». Le non-verbal se lit avec méthode : la GGC© est aujourd’hui l’une des rares méthodes structurées et fondées scientifiquement, ce qui vous évite d’apprendre n’importe quoi.

Une compétence qui s’apprend

Lire un interlocuteur n’a rien d’un don. En une journée, on peut déjà repérer l’ouverture, le doute et les signaux d’achat, et transformer ses rendez-vous.

Envie de passer de la théorie à la pratique ?

À propos de l’auteur

Emmanuel Descroix est conférencier et docteur en sciences cognitives (ancien enseignant-chercheur associé au CNRS). Il est le fondateur de la méthode GGC© (Grammaire Gestuelle et Comportementale). Voir ses travaux de recherche.