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Prise de parole

Pourquoi a-t-on le trac ? La réponse des neurosciences

Par Emmanuel Descroix ·

Vous connaissez la sensation : juste avant de prendre la parole, le cœur s’emballe, la gorge se serre, les mains deviennent moites. On appelle ça le trac, et on le vit souvent comme une faiblesse. C’est une erreur : le trac est d’abord une réaction normale du cerveau.

Le trac, une alarme héritée de l’évolution

Quand vous vous apprêtez à parler devant un groupe, une petite structure du cerveau, l’amygdale, interprète la situation comme un risque et déclenche une réponse d’alerte : libération d’adrénaline, accélération du cœur et de la respiration, tension musculaire. C’est la même mécanique que face à un danger.

Pourquoi une telle réaction pour quelques minutes de parole ? Parce que, pour nos ancêtres, être jugé par le groupe pouvait signifier l’exclusion, donc un vrai danger. Votre cerveau, lui, n’a pas tout à fait mis à jour le logiciel.

Pourquoi il n’est pas votre ennemi

Cette énergie n’a rien de négatif en soi. Bien canalisée, elle vous rend plus présent, plus vif, plus à l’écoute de la salle. La plupart des grands orateurs ressentent le trac : ils ne l’ont pas supprimé, ils ont appris à le transformer en présence.

Quatre leviers pour l’apprivoiser

  1. La respiration. Allonger l’expiration envoie au cerveau un signal d’apaisement. C’est le levier le plus rapide, juste avant de monter sur scène.
  2. Préparer les 30 premières secondes. C’est là que le trac est le plus fort. Savoir exactement comment vous démarrez vous donne un point d’appui.
  3. Déplacer l’attention. Tant que vous pensez « comment suis-je perçu ? », le trac monte. Reportez l’attention sur votre message et sur votre public : il redescend.
  4. La clé que je réserve à mes formations. Il existe une dernière clé, la plus puissante de toutes : la seule qui permet de reprendre la main sur le trac à l’instant précis où vous commencez à parler, quel que soit le contexte. Celle-là, je la transmets en formation.

Bonne nouvelle : ça se travaille

Le trac ne disparaît pas par la volonté, mais il s’apprivoise avec méthode, en comprenant ce qui se passe dans le corps et en s’entraînant. En une demi-journée, on peut déjà transformer cette tension en atout.

Envie de passer de la théorie à la pratique ?

À propos de l’auteur

Emmanuel Descroix est conférencier et docteur en sciences cognitives (ancien enseignant-chercheur associé au CNRS). Il est le fondateur de la méthode GGC© (Grammaire Gestuelle et Comportementale). Voir ses travaux de recherche.