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Prise de parole

Formation communication non verbale à Paris

Par Emmanuel Descroix ·

Vous avez douze minutes. Quatre décideurs, un budget, et un ordre du jour qui a déjà pris du retard. Vous connaissez votre dossier mieux que personne dans la salle. Vous sortez pourtant avec un « on en reparle » qui ne veut rien dire.

Si vous cherchez une formation communication non verbale à Paris, c’est souvent après une scène de ce genre : un arbitrage important s’est joué en quelques minutes, à l’oral, et vous ne savez pas quoi corriger pour la prochaine fois.

Ce qui suit décrit ce que la recherche a mesuré sur ces situations, et ce qu’une formation utile en Île-de-France doit contenir.

Pourquoi la prise de parole pèse plus lourd en Île-de-France

Le contenu utile d’une formation dépend de vos interlocuteurs, et les chiffres franciliens en disent long sur les vôtres.

Selon l’INSEE, la région comptait 6,9 millions d’emplois fin 2023, pour 12,46 millions d’habitants, et produisait 860,1 milliards d’euros de richesse, plus de 30 % du produit intérieur brut national. Environ un tiers des actifs occupés y sont cadres ou exercent une profession intellectuelle supérieure, soit près de treize points au-dessus de la moyenne nationale. Le niveau de diplôme suit : 46 % de diplômés du supérieur, contre 33,2 % ailleurs en France.

Ajoutez-y la concentration des centres de décision. Paris La Défense annonce 200 000 salariés et 2 800 entreprises sur quelques dizaines d’hectares, dans le premier quartier d’affaires d’Europe. Autour, les sièges du 8e et du 9e arrondissement, les directions financières, les fonds, les grandes directions achats.

Cela dessine un auditoire particulier : des interlocuteurs très qualifiés, qui arbitrent vite, entendent beaucoup de présentations chaque semaine et connaissent souvent vos arguments avant que vous ne les prononciez. Vos collaborateurs maîtrisent leur sujet ; c’est le format court et l’exposition qui les mettent en difficulté.

Ce qui pèse sur la décision : la préparation, avant l’enthousiasme

Il existe une croyance tenace dans les milieux de la présentation : il faudrait « transmettre sa passion ». Une étude a testé l’idée là où l’enjeu est maximal.

Chen, Yao et Kotha (Academy of Management Journal, 2009) ont analysé des présentations de plans d’affaires devant des investisseurs, par une expérience en laboratoire puis une étude de terrain. Ils ont mesuré séparément deux choses perçues par les évaluateurs : la passion du porteur de projet, et sa préparation. Résultat convergent dans les deux volets : c’est la préparation perçue qui pèse sur la décision de financer, pas la passion.

Ce que « préparation perçue » veut dire concrètement : la clarté de la structure, la capacité à répondre sans se disperser, le fait de savoir où vous allez et de le montrer dans votre manière d’occuper le temps de parole. Tout cela s’observe de l’extérieur, donc se travaille.

Ces comportements s’apprennent, et cela a été mesuré aussi. Antonakis, Fenley et Liechti (Academy of Management Learning & Education, 2011) ont entraîné des managers puis des étudiants en MBA à un ensemble de conduites de communication précises, avec réévaluation par des tiers plusieurs semaines après. Les évaluations de charisme faites par ces observateurs progressent nettement. Pour donner une idée de l’ampleur : après la formation, un participant moyen est jugé plus charismatique que sept participants non formés sur dix. Les chercheurs résument cet écart par un chiffre, 0,62 écart-type, qui compte comme un écart important dans ce type de recherche. Le charisme apparaît là comme un ensemble de comportements observables, et qui s’entraînent.

Le trac est banal, et il se travaille

Beaucoup de participants arrivent en formation persuadés d’avoir un problème personnel. Les données disent l’inverse.

Dans une enquête en population générale, Stein, Walker et Forde (Archives of General Psychiatry, 1996) trouvent qu’environ un tiers des répondants déclarent une anxiété excessive à l’idée de parler devant un large auditoire. Un sur dix rapporte une gêne marquée dans son travail, sa vie sociale ou ses études, ou une souffrance marquée. Autrement dit, dans une salle de réunion, vous êtes plusieurs à le vivre en même temps.

Ces peurs répondent bien aux interventions. La méta-analyse d’Ebrahimi, Pallesen, Kenter et Nordgreen (Frontiers in Psychology, 2019) a regroupé 30 essais contrôlés randomisés et 1 355 participants. Le résultat, traduit en clair : après un accompagnement psychologique, une personne moyenne va mieux qu’environ trois personnes sur quatre restées sans rien. Les chercheurs écrivent ce résultat g = 0,74, et le classent parmi les effets moyens à forts. L’exposition progressive et le travail sur les pensées anticipatoires y figurent parmi les approches efficaces.

Nous détaillons le mécanisme dans Pourquoi a-t-on le trac ?. Retenez ici le point utile pour un budget formation : l’aisance en public n’est pas un trait de caractère qu’on possède ou non.

Ce que votre corps montre pendant que vous parlez

Reste la partie qu’on vous renvoie rarement : ce que vous donnez à voir, et ce que la salle vous donne à voir en retour.

La GGC (Grammaire Gestuelle et Comportementale) traite le comportement comme une grammaire, pas comme un dictionnaire de gestes. Un signal ne se lit qu’en contexte, par rapport à la manière d’être habituelle de la personne, et en recoupant plusieurs signaux qui vont dans le même sens. C’est exactement ce qui manque aux « recettes » vendues sur ce marché.

Trois repères qui servent en comité :

  • L’axe approche et évitement. Un corps se rapproche de ce qui l’intéresse et s’écarte de ce qui le gêne. Le buste qui vient vers la table, la main qui va vers le document ou qui le repousse. Cela vous indique où en est la personne à cet instant. Jamais, à soi seul, pourquoi.
  • La hauteur, qui situe les positions. La hauteur des épaules, la tête qui se relève ou se baisse pendant un échange : cet axe vertical renseigne sur la position que chacun prend par rapport à l’autre. Utile quand vous présentez devant plusieurs niveaux hiérarchiques à la fois.
  • La tension, qui signe la mobilisation. Une tension aux poignets, aux épaules ou dans la main indique que le corps se mobilise. Rapide et saccadée, elle marque plutôt une réaction ponctuelle ; lente et durable, un état installé. À croiser avec le reste, toujours.

Pour vous, orateur, ces repères servent à deux choses. Ajuster en direct, en voyant où décroche l’attention. Et corriger vos propres signaux d’insécurité, ceux qui font douter de votre préparation alors que vous êtes prêt. La lecture de la salle en séance est développée dans Prise de parole en réunion.

Une formation communication non verbale à Paris, concrètement

Emmanuel Descroix est basé à Grenoble et intervient en Île-de-France, à environ trois heures de TGV. En pratique, les sessions parisiennes se calent sur une journée pleine ou deux demi-journées consécutives, plutôt que sur des créneaux dispersés.

Trois modalités :

  • L’intra-entreprise dans vos locaux, à La Défense, dans les sièges parisiens ou sur les campus de la périphérie. Le format le plus efficace, parce que les mises en situation reprennent vos propres comités et vos propres soutenances.
  • La salle louée sur place, quand vous réunissez des participants venus de plusieurs entités, ou quand les sujets abordés valent mieux hors de vos murs.
  • L’atelier d’une demi-journée, pour tester la méthode sur un besoin précis avant d’engager un parcours.

Le point d’entrée dépend de la scène qui vous coûte le plus cher : Prendre la parole en public pour les comités, les soutenances et les pitchs ; l’atelier de décodage du non-verbal pour les équipes en entretien ou en rendez-vous client.

Un critère de sélection, valable pour n’importe quel prestataire : la séance prévoit-elle de la pratique observée, filmée, avec un retour immédiat sur ce que vous venez de faire ? C’est ce dispositif qui produit les effets mesurés plus haut. Un exposé théorique, si brillant soit-il, ne change pas la façon dont vous entrez dans une salle.

Par où commencer

  • Nommez la scène, pas le thème. Le comité de douze minutes. La soutenance d’appel d’offres. Le point trimestriel devant le comex. C’est là que se décide le contenu de la formation.
  • Travaillez la préparation visible avant l’enthousiasme. C’est elle qui pèse sur la décision de financer dans les données de Chen, Yao et Kotha (2009).
  • Ne traitez pas le trac comme un caractère. Environ un tiers des personnes interrogées en population générale déclarent une anxiété excessive devant un large auditoire (Stein et coll., 1996), et l’accompagnement fonctionne : ensuite, une personne moyenne va mieux que trois personnes sur quatre restées sans rien (Ebrahimi et coll., 2019).
  • Exigez de la pratique filmée avec retour immédiat. Sans ce dispositif, vous achetez une conférence, pas une formation.
  • Lisez les signaux en contexte. Approche ou évitement, hauteur, tension. Trois signaux concordants valent mieux qu’un geste isolé, et aucun geste ne constitue un verdict.
  • Commencez par une demi-journée sur une scène réelle. Vous saurez très vite si la méthode déplace quelque chose dans vos réunions.

Tenir une salle pressée, ça s’apprend, et ça se travaille sur vos comités à vous.

Envie de passer de la théorie à la pratique ?

À propos de l’auteur

Emmanuel Descroix est conférencier et docteur en sciences cognitives (ancien enseignant-chercheur associé au CNRS). Il est le fondateur de la méthode GGC© (Grammaire Gestuelle et Comportementale). Voir ses travaux de recherche.